Après 12 heures de vol de Toronto et 13 heures de décalage avec le Québec, nous sommes arrivées à l'aéroport Haneda de Tokyo à peu près à l'heure prévue soit vers 15h30. Haneda est un ancien aéroport domestique auquel on ajoute un terminal international depuis quelques années. Cet aéroport est beaucoup plus pratique de Narita, l'autre aéroport international de Tokyo, car il est beaucoup plus près du centre-ville que l'on peut rejoindre en une quinzaine de minutes par monorail. Bagages récupérés et formalités douanières passées en une trentaine de minutes, déjà un signe de l'efficacité japonaise. Avions quelques tâches à faire avant de quitter l'aérogare: activer la Japan Rail Pass à partir du 13 mai, prendre possession de notre Pocket Wi-Fi et faire l'acquisition de la carte Suica (porte-feuille virtuel qui permet de prendre tous les transports en commun dans la région de Tokyo et de faire de petits achats). Ce porte-feuille virtuel est d'ailleurs fort pratique.
Premier contact avec le superbe réseau de transport de la ville avec le monorail qui nous raccorde au Yamanote, train circulaire qui fait le tour de la ville de Tokyo. Avant de revenir à Tokyo dans deux semaines, nous goûtons à un premier bain de foule puisque nous sommes en pleine heure de pointe. Premier constat: grande discipline, pressés tout en étant calmes et discrets, c'est visiblement un monde d'hommes, les fameux salary men, les femmes composant une part beaucoup plus petite de la main d'oeuvre que dans les autres pays industrialisés. Comme il y a peu de services de garde au Japon, une majorité de femmes cessent de travailler dès leur premier enfant et c'est très visible.
Avions trouvé un hôtel, le Mystays Hamamatsucho, qui s'est avéré très bien, tout près du terminal du monorail. Avons même pu s'y rendre à pied avec nos valises.
Le lendemain 13 mai, départ pour Hiroshima par le train de 7h40.
Hiroshima
Petite anecdote: notre « Japan rail Pass » nous permet de prendre tous les types de trains pour aller n'importe où, y compris les shinkansen (TGV japonais) sauf le Shinkansen Nozomi N700, le train le plus rapide que les ingénieurs japonais ont mis au point. Et bien, de façon tout à fait innocente, nous l'avons pris.
Sur le quai où nous devions prendre notre train, le shinkansen Hikari, nous n'avions pas remarqué, faute d'expérience en matière de gare de train japonais, qu'il y avait sur le même quai, un autre départ 23 minutes auparavant. Nous avons donc pris le mauvais train mais heureusement, nous n'avons pas été contrôlés. Nous avons dû changer de sièges à quelques occasions puisque nous occupions toujours des sièges réservés jusqu'au moment où un Japonais, baraguinant quelques mots d'anglais, est venu nous voir pour nous indiquer que les voitures 1, 2 et 3 à l'avant du train comportaient des sièges non réservés (il nous a probablement pris en pitié). Nous avons donc eu la paix à partir de ce moment-là mais en craingnant toujours d'être pris par l'un des contrôleurs.
Dans les faits, cela a bien fait notre affaire car la réalité est la suivante:
Départ: 7h41; arrivée: 11h40, pour parcourir les 900 km qui séparent Tokyo de Hiroshima malgré huit arrêts de une à deux minutes chacun mais sans transfert de train à Shin-Osaka, ce que nous aurions dû faire avec le train qu'il fallait prendre. Sommes donc arrivés à Hiroshima 1h45 plutôt que prévu.
Ce fut une expérience fort intéressante à bord d'un train dont la vitesse constante tourne autour de 300 km à l'heure en tout confort.
Cette petite expérience nous a fait réalisé comment l'Amérique et le Canada en particulier, ont pris un retard considérable en matière de déplacements par train. Le malheur est que les États-Unis travaillent à cette correction alors que nous, au Canda, ne bougeons pas à ce sujet. Notre éditorial est terminé.
Hiroshima est une ville de 1 150 000 hab. fort agréable avec ses larges boulevards et ses nombreux espaces verts. Nous avions 3 objectifs en venant ici: visiter le mémorial de la paix et son grand parc, s'attarder dans le jardin Shukkei-en et passer une journée sur l'île de Miyajima.
Dans le parc de la Paix, parmi les bâtiments principaux, se trouvent le musée du Mémorial de la Paix, le Mémorial et d'autres monuments en mémoire aux victimes du bombardement. Les gens d'Hiroshima avec ceux de Nagasaki ont payé le prix fort pour forcer le Japon à capituler et mettre un terme à la Seconde guerre. Le matin du 6 août 1945, à 8h15, les Américains ont lancé sur Hiroshima, la première bombe atomique à être utilisée. Entre cette date et la fin de cette année, 140 000 personnes sont mortes. On peut voir d'ailleurs sur les lieux un superbe musée décrivant très bien les événements et aussi le Mémorial où le nom de chacune des victimes est inscrit, assorti de sa photo et une brève description. Il est difficile de ne pas ressentir une certaine émotion face à cette horreur. Comme vous pourrez voir sur les photos, le A-Bomb Dome de Genbaku, autre site impressionnant. Il faut se rappeler que sur les 90 000 bâtiments de la ville, 62 000 ont été totalement détruits et ce dôme est le seul qui ait résisté dans un rayon de 2 km. Il est donc devenu un emblême ou un rappel douleureux pour certains.
Avant de rentrer à l'hôtel, nous sommes allés voir un très beau jardin, le jardin Shukkei-en. Le superbe jardin aménagé en 1620. L'idée ici est de rassembler et de miniaturiser différents paysages et cela est très réussi. Le parc a été incendié par la bombe atomique et refait en 1951 à l'aide des plans d'origine. Un très bel écrin de verdure et de tranquillité en plein centre-ville. Cela nous a beaucoup rappelé le parc de Hong Kong dans l'île du même nom.
Dernière étape pour Hiroshima: Miyajima
L'île sacrée de Miyajima se trouve à environ 25 km de Hiroshima. On s'y est rendu en utilisant le tramway (50 min.) et le bateau de JR vers l'île (10 min.) qui se trouve dans la mer de Seto, grande étendue d'eau alimentée par le Pacifique. Il est conseillé d'y aller une journée complète, ce que nous avons fait.En ce beau dimanche ensoleillé, il fallait s'attendre à une foule considérable. Ce fut le cas et un peu désagréable, ce qui n'enlève rien à la grande beauté du lieu.
Cette île sacrée où selon la légende « il est interdit d'y naître et d'y mourir » est réputée pour ses temples absolument magnifiques et son torii flottant. Elle est considérée comme l'un des trois plus beaux sites du Japon ce avec quoi nous sommes totalement d'accord. L'île est classée au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1996.
Après son introduction au Japon vers les Ve et VIe s., le Bouddhisme s'est mêlé à la religion autochtone, le Shintoïsme, créant ce qu'on a appelé « la fusion des enseignements sacrés ». Cette fusion des deux religions a perduré donnant forme à une culture originale.
Le sanctuaire d'Itsukushima, entre autres, est une pure merveille. Il date de l'an 593. Les galeries couvertes de couleur vermillon, voisines du temple, sont particulièrement impressionnantes. Les moines shintoïstes vivaient dans diverses « cases » le long de ces galeries.
Le torii flottant, à 200 m. du rivage est l'emblème de l'île. Il mesure 16 m. de hauteur. On peut l'atteindre à la marche à marée basse. Il a été reconstruit en 1875.
Avons également visité le temple Daisho-in, lieu de culte bouddhiste étagé au bas du mont Misen, autre lieu paisible et très zen.
En milieu d'après-midi, nous sommes montés au sommet du mont Misen (535 m.) en téléphérique (pas donnée cette montée à 13,00 $ par personne aller simple) pour atteindre une plateforme d'observation qui offre une vue superbe sur la mer de Seto et ses nombreuses îles. En cette journée très ensoleillée, la vue était impressionnante.
Nous avions décidé de descendre à pied. Cela a pris un peu plus d'une heure pour 1,8 km avec des centaines de marches en pierre d'inégales hauteurs. Pas facile pour les genoux et les chevilles. Avons croisé un serpent à mi-hauteur. Ça surprend. On les dit vénéneux.
Avons pris le bateau de 17h10 avec des images plein la tête et d'excellents souvenirs.
Hors de tout doute, cette excursion vers l'île de Miyajima est un incontournable.
Au moment d'écrire ces mots, nous sommes à Kanazawa, dans les Alpes japonaises. On fera état de ce petit bijou dans quelques jours.
En terminant, nous joignons quelques photos. Dans l'ordre, il s'agit du parc de la paix et du A-bomb Genbaku (seule structure qui est restée debout dans un rayon de 2 km après l'explosion de la bombe), le jardin Shukkei-en et l'île de Miyajima et ses temples (Attention: certaines photos sont peu réussies car nous avons eu un petit problème de sélection de mode de pose avec la caméra de Jean-Guy; le problème a été corrigé mais cela a pris un certain temps avant qu'on s'en aperçoive).
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