lundi 22 mai 2017

Quelques observations sur la vie au Japon

Après une douzaine de jours à côtoyer les Japonais, on se permet quelques remarques, constats et observations sur le quotidien au Japon:

- Les gens sont extrêmement soucieux des autres; leur politesse, le respect d'autrui semblent des valeurs fortes. Le petit salut à chaque fois qu'on vous sert, que ce soit au restaurant, à la superrette (dépanneur), dans une boutique ou encore à l'entrée des temples ou autres sites visités, et avec le sourire le plus souvent, c'est quelque chose d'unique, un geste un peu cérémonial d'un grand raffinement. On n'a pas tellement le choix d'apprendre rapidement ce petit salut afin de leur rendre cette politesse qui s'est malheureusement un peu perdue chez nous; de plus, de maintenir ce comportement des centaines de fois dans une journée mérite notre admiration. Lorsque nous prenons des photos, la plupart du temps les gens derrière nous ne nous dépassent pas. Ils attendent qu'on ait terminé. Ça nous impressionne autant de civisme.

- Les journées de travail sont longues. À plusieurs reprises nous étions à la gare autour de 7h00 - 7h30 et déjà ça fourmillait de "salarymen" se dirigeant vers le métro ou le train pour se rendre au bureau ou à un rendez-vous. À 19h00 et souvent au-delà, on les voit revenir du travail ou manger au resto avant de rentrer à la maison. Malgré les lois du travail, il est très fréquent que les employés japonais fassent 60 heures par semaine. Ici, on est dans une vieille structure de travail où l'avancement est souvent basé sur l'ancienneté et la quantité de travail réalisé y compte pour beaucoup;

- Il est étonnant comment la langue anglaise est peu répandue au Japon. La plupart des gens ont de la difficulté à dire même quelques mots dans la langue de Shakespeare, même chez les jeunes de niveau collégial. Ça rend les choses parfois un peu difficiles. Même dans des postes en milieu touristique, le niveau de connaissanc en anglais est plutôt faible sauf exception. On est amené à se poser certaines questions pourquoi il en est ainsi dans un pays tellement avancé en plusieurs domaines. Il faut croire que les Japonais s'autosuffisent et que l'apprentissage de l'anglais ne leur apparaît pas outre mesure important. Par contre, on a rencontré fréquemment des jeunes élèves (début secondaire) qui nous abordaient sous le prétexte qu'ils sont en classe d'anglais et qu'on leur demande d'aborder des étrangers afin de leur poser des questions en anglais (ils devaient remplir des fiches à remettre à leur enseignant et prendre une photo avec nous). On s'est plié à cet exercice en 2 ou 3 occasions.

- On n'a pas idée comment ils sont avancés au plan technologique. Leur souci du détail jumelé au niveau de connaissances techniques, dans un contexte où de nombreux leaders comme Sanyo, Panasonic, Toshiba, Mitsubishi et bien d'autres soutiennent avec force des programmes de recherche. Ils sont des maîtres en matière d'informatique, de transport en commun, d'automobile, de télécommunication, d'électroménagers, etc. Tous ces avantages, ça se voit et ça facilite la vie au quotidien. Comme l'ont souligné plusieurs auteurs, dans les années 1960, 1970 et 1980, pendant que les grands pays industriels s'intéressaient à la recherche spatiale, le Japon se souciait davantage d'améliorer la vie au quotidien des citoyens: appareils ménagers, appareils électroniques, transport en commun (le début de la construction du réseau shinkansen date de 1959, 15 ans seulement après la fin de la guerre), télécommunications, équipements sanitaires (il faut voir les toilettes ici: bidet intégré, banc chauffant avec contrôle,...), etc.

- Ici, la propreté et le respect de la propriété publique sont exemplaires. Il n'y a à peu près jamais de papiers ou de déchets quelconque qui jonchent le sol. On voit constamment des préposés balayer le long des trottoirs, dans les parcs ou le long des rues. Nous n'avons pas vu de graffitis encore malgré les kilomètres de rue que nous avons parcourus (nous approchons les 60 km). Dans les restos, les gares, les temples et sanctuaires, la propreté est impressionnante. Les poubelles sont très rares, chacun se faisant un devoir d'assurer la propreté sur le domaine public. L'hygiène semble une véritable fixation. Plusieurs personnes portent des gants (chauffeurs de taxi, de bus, de train, dans les restos, etc). Le personnel affecté au nettoyage est important. C'est de toute beauté et passablement différent de ce qu'on retrouve en Chine par exemple (autres valeurs et sensibilités).

- Un sens de l'organisation et de l'efficacité fort développé. Très souvent, malgré la présence de files dans les différents commerces, les temps d'attente sont relativement courts. On a le personnel qui faut et celui-ci semble très sensible à cela.

- L'architecture (on n'a pas vu encore Tokyo; il faut donc en tenir compte) n'est pas leur point fort. Le moins que l'on puisse dire est que celle-ci est hétéroclite et d'un goût douteux. Le modernisme côtoit l'ancien et pas toujours de façon harmonieuse. On prend Kyoto par exemple, qui n'a pas été bombardé lors de la Seconde guerre mondiale, la trame urbaine est plutôt ordinaire et le filage électrique le long des rues est quelque chose à voir. Évidemment, lorsque nous arrivons sur les lieux d'un site à visiter, on entre dans un écrin de beauté, de charme et d'harmonie du milieu bâti. Ces aspects n'ont pas cours dans la rue (malgré tout, quelques beaux édifices publics à Hiroshima et Kanazawa si on ne regarde pas trop de chaque  côté).

- Malgré la barrière de la langue, il est relativement facile d'entrer en contact avec les gens qui nous sourient, se  tassent pour nous laisser de la place sur un banc de parc, dans les trains locaux, etc.  Autre aspect à souligner: ça fait 4 personnes qui nous demandent en baraguinant «Do you like Japan?» Ça semble être une préoccupation pour eux.  

Les photos promises 

Camion de pompier à Kyoto pour Édouard et henri



Les cerfs de Nara



Le sanctuaire de Kasuga Taisha




Le temple Ginkaku-ji



Le chemin des philosophes (2 km de long; invite au calme et à la zénitude)



Le temple Nanzen-ji





Le quartier de Gion (et la mauvaise idée d'y laisser les autos, les camions de livraison et les  bus circuler)






Le quartier de Ponto-cho








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